Sur mes blogs précédents, j'étais très superficielle. Du coup, on me trouvait facilement charmante. Je parlais de sexe, de séduction, de fringues, de musique, de détails minuscules de ma vie de fille en insistant bien sur ce point - le maquillage, les bijoux, les chaussures, le plaisir de se faire belle, etc. Je jouais beaucoup là-dessus. Je donnais de moi l'image d'une poupée un peu subversive, mais pas trop. J'ai fait quelques sorties contre des modes ravageuses ; certains de mes lecteurs m'ont critiquée sur ce point mais comme je tenais bon, ils ont fini par me dire qu'ils admiraient ma façon de défendre mon point de vue. La vérité est que je me souciais moins de ces modes ravageuses que de la réputation non consensuelle que j'étais en train de me bâtir. J'ai fait plus dans cette direction, mais inutile de m'étendre là-dessus ; certains blogs, sur d'autres plateformes, en portent encore probablement des traces dont leurs auteurs eux-mêmes ne se souviennent presque plus parce que comme le temps passe, elles s'enfoncent progressivement dans la masse des notes anciennes.

J'ai conscience d'être beaucoup plus "triste" sur ces pages que sur celles où je m'épanchais il y a un quelques mois ou un an.

En disant triste, je ne fais pas allusion à mes états d'âme personnels mais seulement à l'image que je peux véhiculer. Je crois qu'au fond, je ne cherche plus à plaire. Du moins, plus autant qu'avant, parce que nous savons tous que si nous ne cherchions pas à plaire à au moins une certaine catégorie de lecteurs, nous ne tiendrions pas de blog.

Pendant l'année et demie qui vient de s'écouler, j'ai lu énormément de blogs - certains régulièrement, d'autres plus épisodiquement, d'autres encore ponctuellement et parfois sans même y retourner après le premier coup d'oeil - et j'en viens à être convaincue que brosser le lecteur dans le sens du poil n'est pas "la" recette. (Encore cela dépend-il probablement de ce que l'on cherche : des statistiques très élevées ou un lectorat fidèle, une réputation sulfureuse ou une admiration exponentielle, etc.) Ce qui marche, au risque de manier de vieux clichés vidés de sens, c'est d'être soi-même. Et dans la mesure où sur un blog, nous ne sommes jamais vraiment "nous-mêmes", l'équivalent est probablement de rester le plus imperméable possible aux influences extérieures. Même fortes. Même tentantes. Même brillantes.