Ménille Avénale

Pas de ligne éditoriale. Pas d'objectif commercial. Pas d'intérêt vital. Par Ménille Avénale

jeudi 26 octobre 2006

Fracture sociale

Entendu dans la bouche de Laurence Parisot, le lundi 23 octobre 2006 au soir, lors de l'émission "Le franc-parler" sur France Inter :

"Il y a en France des classes sociales dont le pouvoir d'achat n'a pas du tout progressé ces dernières années, et je pense notamment...

tiens, je vais vous faire attendre un peu avant de vous dire la fin

vous n'en mourrez pas, et ça entretient le suspense

et sinon, ça va, vous ?

une petite image ?...

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source : PostSecret

ça fait réfléchir, non ?

ça fait peur, même, je dirais

c'est triste à pleurer

c'est le cas de beaucoup de secrets postés sur ce site, vous savez

quelqu'un aurait du feu ?

et vous la connaissez, celle du routier qui a décidé de prendre des vacances en Italie ?...

bon allez, assez tergiversé, on y retourne

... et je pense notamment aux cadres."

Evidemment, il ne fallait pas commencer à s'imaginer qu'elle allait faire dans le social. C'est Laurence Parisot, non plus.

Posté par Menille à 09:37 - Perles - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Sans parler de social / Parisot (un bel oxymoron), elle n'a pas tort d'un point de vue mathématique : si nous, jeunes cadres, gagnons plus que nos parents à notre âge, notre pouvoir d'achat est bien moindre que le leur.

Alors que pour un ouvrier, avoir une télé était un luxe à la même époque et que c'est un objet de consommation courante maintenant. Ceci dit, c'est plus parce que le prix d'une télé a baissé que parce que le pouvoir d'achat des ouvriers a beaucoup augmenté...

Evidemment c'est horripilant venant d'elle, mais il y a un véritable effet "classe moyenne" un peu étrange, de gens plutôt bien payés, mais qui pour autant n'ont pas un pouvoir d'achat "proportionnel" à leurs revenus. Pas à plaindre, quand même, hein ! Mais c'est un bon reflet de la société, en fait.

Ca mériterait de se gratter un peu le front pour sortir des chiffres et là je n'ai pas le temps !

Posté par Anne, jeudi 26 octobre 2006 à 10:22

Là où Parisot a raison, c'est que le pouvoir d'achat des cadres n'a pas, ou peu augmenté ces dernières années. Elle est par contre vraiment une ordure hypocrite et immorale en n'admettant pas que les classes ouvrières ont vu leur pouvoir d'achat diminuer, et on aimerait maintenant savoir où est passée cette augmentation statistique du pouvoir d'achat établie par l'Insee...

Posté par Louis, jeudi 26 octobre 2006 à 11:52

Les pauvres petits cadrounets, enfin, Ménille, eux qui méritent tellement que leur pouvoir d'acheter des conneries augmente. Ca te met pas autant la larme à l'oeil que le Post Secret qui disait « It wasn't the door. It was my boyfriend. » ?

En même temps quelle idée d'écouter Laurence Parisot.

Posté par Krazy Kitty, jeudi 26 octobre 2006 à 17:07

premiére visitesur le site et je reviendrai. Juste pour dire... tous le monde sait que les cadres ont besoin d'avoir un pouvoir d'achat plus important.

Posté par So, jeudi 26 octobre 2006 à 18:33

Hé, Krazy Kitty et So, les cadres c'est pas forcément des cadres... sup. Maintenant c'est une technique de management de pointe : pour faire taire un salarié qui râle, on lui donne le statut cadre. Mais comme il va du coup coûter plus cher, on est au regret de ne pas pouvoir l'augmenter de façon durable.

Ca ne veut pas dire que les cadrounets sont à plaindre, plus ou moins que quiconque. Ca veut dire que le monde de l'entreprise dans sa grande globalité, à part les actionnaires pétés de fric, va TRES mal. Et que c'est ensemble qu'il faut réagir contre les conneries de ce type, cadres ou pas.

Posté par Anne, jeudi 26 octobre 2006 à 21:11

Je pense que Laurence Parisot s'est mal exprimé dans le sens où sa phrase est incomplète, mais elle n'a pas tort et elle n'est pas originale non plus : tout le monde en ce moment parle du pouvoir d'achat des cadres, en raison d'une analyse récente. A la bibliothèque (ah oui faut que je retrouve le titre et l'auteur dont je t'ai parlé précédemment, ça m'est sorti de la tête), on vient d'ailleurs de recevoir un bouquin qui s'intitule : "les classes moyennes à la dérive", or évidemment, les classes moyennes ne sont pas les seuls à la dérive, ni les plus à plaindre ! La vie est toujours plus facile quand on est cadre plutôt qu'ouvrier. Ce titre, comme la phrase de Laurence Parisot, met en évidence le fait que les cadres / les classes moyennes en général ont un pouvoir d'achat inférieur à celui de la génération précédente. Si on le compare avec celui que possédaient les cadres il y a 20 ans, on voit l'étendue du problème. Ce que met en valeur cette étude, c'est le fait que pendant que l'écart social se creuse la classe sociale la plus riche et la classe sociale la plus pauvre, ceux qui sont au milieu sont moins favorisés qu'avant. Bref, Anne le dit très bien aussi.

Posté par Junko, vendredi 27 octobre 2006 à 06:55

Tous

Les commentaires allant tous plus ou moins dans le même sens, je vais y répondre de façon groupée, une fois n'est pas coutume :

Ce que je reproche à Parisot dans cette phrase, ce n'est évidemment pas d'énoncer une réalité : les cadres dans leur ensemble (si l'on veut bien se donner la peine de ne pas inclure dans ce groupe les cadres supérieurs et très supérieurs) ne voient pas augmenter leur pouvoir d'achat parce que proportionnellement au coût de la vie, qui augmente lui aussi comme nous le savons tous (même si cela serait à nuancer parce que toutes les catégories de produits n'augmentent pas ou pas de la même façon), leur salaire leur permet grosso modo d'acheter à peu près toujours la même chose et de vivre à peu près toujours de la même façon, pas plus. Enfin, je n'ai rien d'une économiste et c'est l'idée que je me fais d'un pouvoir d'achat qui stagne.

Ce que je reproche à Laurence Parisot, en revanche, certains d'entre vous l'ont bien noté, c'est de passer sous silence, d'occulter complètement que les gens dont le pouvoir d'achat baisse sont de plus en plus nombreux, et que cette baisse est de plus en plus importante. Je lui reproche de plaindre une classe plutôt pas trop mal lotie de rester plutôt pas trop mal lotie, alors qu'une partie importante des classes moyennes s'enfonce vers la précarité et la pauvreté, et de plus en plus loin.

Vous allez me dire, c'est son boulot de défendre les cadres. Mais je suis désolée, une société qui fonde la richesse de certaines de ses classes sur la pauvreté des autre n'est pas bien barrée... Et dans cette persepctive, je suis d'accord avec Anne : le monde de l'entreprise va mal, c'est révélateur de l'ensemble des domaines professionnels et de l'état de tous les actifs, d'ailleurs.

Krazy Kitty : je n'ai pas vu ce PostSecret-là !... Où est-il ?

Posté par Ménille Avénale, dimanche 29 octobre 2006 à 11:22

Son boulot, ça n'est (surtout) pas de de défendre les cadres, son boulot c'est de favoriser le profit pur...

Posté par Anne, jeudi 2 novembre 2006 à 09:02

Anne

Réellement ?...

Je pensais que son boulot, c'était de soutenir les patrons et donc toutes les personnes qui, au sein d'une entreprise, avaient un poste à responsabilités.

Mais si c'est uniquement de favoriser le profit pur, à qui revient ce profit, alors ?...

Posté par Ménille Avénale, jeudi 2 novembre 2006 à 13:57

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