Ménille Avénale

Pas de ligne éditoriale. Pas d'objectif commercial. Pas d'intérêt vital. Par Ménille Avénale

vendredi 20 octobre 2006

BA (?)

Je suis un peu comme tout le monde (puisque je vous le dis) ; j'ai, dans mon armoire, quantité de vêtements qui sont encore en bon état parce que je suis quelqu'un de soigneux, mais que je ne porte pas parce qu'ils ne sont plus à la mode, ne me plaisent plus (voire ne m'ont jamais tellement plu) ou ne correspondent tout simplement plus à la façon dont je m'habille (tout ce qui relève par exemple du look "éternelle étudiante" dont je suis un peu revenue. Finalement).

Parfois, comme j'éprouve quelque scrupule à ne pas donner une seconde chance à ces laissés-pour-compte, je les porte quand même. C'est alors encore pire : je me sens laide, moche et paysanne. Surtout si je croise l'une de ces filles, vous savez ? de celles qui sont impeccables du sommet de la tête à la pointe des pieds en ayant juste l'air d'avoir enfilé ce qui leur tombait sous la main. Là, je me le dis tout net (et en silence, je ne peux me permettre d'étaler au grand jour mes petits colloques personnels) : "Ok, ma fille, tu as définitivement l'air d'un sac."

Donc, il faut faire quelque chose. Et le faire vite. Ces vêtements ont droit à une vie digne de ce nom et j'ai droit à une silhouette digne de ce nom. La situation peut paraître explosive et sans issue, mais je suis convaincue du contraire et je veux oeuvrer pour la paix.

Je me suis donc trouvé un médiateur : l'Armée du Salut. J'ai supposé - un peu vite, peut-être, mais enfin je l'ai supposé - que l'Armée du Salut ramassait les vieux vêtements et qu'un gros sac bourré à craquer de pièces propres, en excellent état et pour certaines de très bonne qualité, l'intéresserait.

Je dois avouer qu'il y a une certaine culpabilité à se dire : "Je considère que des vêtements qui ne sont plus assez bien pour moi (et pas pour des questions de taille, hein) seront encore assez bien pour d'autres." Comme si ces autres avaient un niveau d'exigence inférieur au mien au simple motif qu'ils ne peuvent se permettre financièrement d'avoir le même. Ce n'est pas à proprement parler une idée confortable et j'en viens à me demander si ce principe, donner ses vêtements au lieu de les jeter parce qu'ils "peuvent encore servir", n'est pas davantage une façon de me tranquilliser qu'une véritable bonne action.

En même temps, bonne action, ne rêvons pas. Je n'ai jamais été très branchée humanitaire. Je sais donner en fonction de mes moyens mais je ne peux pas dire que je me sente hyper-concernée par la pauvreté en France. Je passe trop de temps à me demander comment je vais assurer mon propre avenir - mon CDD prend fin en août prochain - argggghhh - pour en avoir à consacrer à l'avenir des autres. C'est probablement un tort, et j'y viendrai peut-être un jour.

Mais pour l'heure, savez-vous quelle fut ma première pensée qand j'eus fini de remplir mon gros sac et que quelques piles de mon armoire s'en trouvèrent sérieusement allégées ?...

Chouette, je vais devoir pouvoir aller faire du shopping.

Foutue société de consommation, va. J'ai honte.


Pour rester dans le ton, l'une de mes chansons favorites - et fort injustement méconnue - d'une icône de la société de consommation. Monte un peu le son, c'est... différent.

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jeudi 12 octobre 2006

Blonde on blonde

"Chéri, j'ai envie de devenir blonde.
- Ah ça y est, ça te reprend ?
- Ben oui, tu sais bien, j'ai des phases.
- ...
- Bon, dis-moi.
- ...
- Dis-moi ce que tu en penses.
- Je pense que tu devrais commencer par lire moins de livres, ça sera plus simple.
- Pfff ! (Moue méprisante.)
- Oh, ça va, on peut rigoler, quand même !...
- Mais tu sais très bien ce que je pense des blagues sur les blondes. Pour moi, c'est du niveau des blagues racistes.
- Okay, okay, c'est bon.
- Bon, maintenant sérieusement, dis-moi ce que tu en penses.
- Ecoute, maintenant sérieusement, je pense que tu n'as pas besoin de ça.
- Comment ça, pas besoin ? Tu veux dire que je suis déjà assez belle comme ça ? (Je roucoule.)
- Oui.
- Ooooooh, bichooooouuuu... (J'exulte.)
- Je veux dire que tu te fais déjà assez draguer comme ça par des types minables et que ça me fait stresser. Si tu étais blonde, j'aurais peur que tu sois embêtée tout le temps."

Okay. Là, je pense à mon amie Lina, la reine de la (fausse) blondeur éclatante, qui a carrément arrêté de prendre les transports en commun et ne circule qu'en voiture depuis qu'elle ne peut plus monter tranquille dans le métro. (Au prix où sont l'essence et les parkings, il fallait vraiment qu'elle n'en puisse plus, je pense.)

La (fausse) blondeur éclatante est donc dangereuse, c'est un fait. Mais si l'on veut bien pousser un peu plus loin l'analyse, il faut savoir que Lina a aussi le visage d'ange, les grands yeux bleus, la voix douce et cet indéfinissable supplément de charme, de grâce et de féminité que je n'aurai jamais. C'est bien simple : à ses côtés, j'ai l'air tantôt d'un garçon,tantôt d'une paysanne. Donc, il y a peu de risques que je devienne du jour au lendemain un sex-symbol harcelé par des inconnus au simple motif que ma couleur de cheveux a changé.

Conclusion : la prochaine fois que j'y vais, j'en parle à mon coiffeur.

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Photo : une petite blonde. Vient de .

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mardi 1 août 2006

Brève capillaire

Je dois me retenir très fort pour ne pas appeler mon salon Jacques Dessange favori (oui, je n'hésite pas, je leur fais de la pub, à 95 euros la couleur + soin + brushing ça vaut VRAIMENT le coup) et aller me faire tripoter un peu la tignasse - non pas la raser, ni même la raccourcir vraiment, même si les températures actuelles pourraient m'en donner l'envie, mais juste la structurer un peu, selon la fameuse devise des filles à cheveux longs qui veulent une vraie coupe sans perdre la longueur. Un joli dégradé, une grosse frange, un mouvement moderne, ce genre de coquetteries. J'en profiterais pour faire rafraîchir la couleur, un joli brun chaud qui, depuis quelques semaines, vire au châtain clair mou du genou (et presque roux sur les bords).

Mais bien sûr, comme je suis une fille raisonnable qui avait décidé qu'elle ne retournerait pas chez le coiffeur avant début septembre, je vais attendre. Au moins trois semaines. Disons.

Là-dessus, braves gens, je vais quitter pendant huit jours le petit appartement confortable dans lequel j'ai accès à Internet, et donc me trouver dans l'incapacité de bloguer et de vous lire pendant ce temps. La suite de mon examen du numéro d'Isa du mois d'août est remise d'autant. A plus tard, et bien le bonjour chez vous.

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Photo : Plastik-Star

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lundi 24 juillet 2006

Ne dites rien à ma mère, elle croit qu'en vrai je suis fleuriste

Pour celles de nos lectrices qui voudraient savoir en quelques mots comment réussir un bal de fin d'année d'école d'ingénieurs, voici nos conseils les plus frais en la matière puisque directement inspirés de notre expérience de ce week-end.

1. Ne vous comparez pas aux autres filles présentes dans la salle. Ni physiquement, ni intellectuellement. Physiquement, parce que vous devez vous souvenir que vous êtes une princesse dont un homme génial est amoureux au point de vouloir faire sa vie avec vous, et que ce n'est pas cette mijaurée en robe du soir pourpre et au physique d'actrice porno qui va changer les choses, même s'il suffit qu'elle batte d'un cil pour que cinq types se ruent au bar lui chercher une coupe de champagne (alors que vous, vos coupes de champagne, vous devez vous les remplir toute seule). Vous êtes définitivement aussi bien qu'elle, quels que soient votre tour de poitrine et votre couleur de cheveux. Et intellectuellement, parce que si vous creusez un peu et que vous essayez de parler avec d'autres dignes représentantes du sexe féminin de ce qui vous intéresse vraiment, vous risquez de finir la nuit sur l'autoroute la plus proche, écrasée par un gros camion sous lequel vous vous serez jetée par désespoir quant à l'avenir des jeunes Françaises.

2. Ne laissez pas votre frère choisir vos interlocuteurs à votre place, et ce même s'il connaît tout le monde (logique, c'est lui qui vous a fait venir). N'oubliez pas que votre frère et vous n'avez pas du tout la même notion du "sympa", du "gentil" et de l'"intéressant", et qu'un de ses camarades préférés risque de vous ennuyer au point de vous endormir debout. Enfin, à bas la politesse, s'il vous demande comment vous l'avez trouvé, ne dites surtout pas "ça va, il est cool" ; il va prendre cela pour une expression d'enthousiasme et s'arranger pour vous faire inviter à danser. Répondez donc honnêtement : "Ben franchement, je comprends qu'on puisse apprécier sa compagnie, mais moi, il me donne envie de partir faire le tour du monde en tongs en solitaire. Tout de suite."

3. Ne vous laissez pas renverser une seule goutte de champagne sur les pieds. Si ça arrive, retournez-vous d'un bloc et engueulez copieusement le coupable en vous arrangeant pour que beaucoup de monde assiste à la scène, de manière à ce qu'ils soient tous bien prévenus de ce dont vous êtes capable. Vous êtes une fille en robe de bal et escarpins, merde alors. En revanche, n'hésitez pas, vous, à arroser généreusement du contenu de votre coupe les gens qui vous entourent pour bien manifester votre présence (surtout que vous n'avez pas le choix puisqu'à partir de trois heures du matin environ, vous n'êtes plus capable de tenir votre coupe droite).

4. Ne discutez pas de votre frère dans son dos avec tous ses copains. Ils vous révéleront des choses que vous n'avez pas à savoir, et un jour ou l'autre, vous le regretterez. Pire encore : n'essayez pas d'en apprendre davantage sur sa vie amoureuse et/ou sexuelle, il risque de vous entendre et de se (ou de vous) demander de quoi vous vous mêlez. Et là, vous pouvez dire adieu à votre tranquillité sororale et à la confiance qu'il a (imprudemment, le pauvre) un jour placée en vous.

5. Sachez vous arrêter de boire à temps (= avant de vomir) et n'admettez sous aucun prétexte que vous êtes complètement ivre. Si par exemple vous dansez la salsa toute seule à six heures du mat' alors que les responsables de la salle ont déjà commencé à la nettoyer et que la musique s'est tue depuis longtemps, vous avez de fortes chances de vous entendre demander : "Dis donc, tu ne serais pas complètement pétée, toi ?" Là, reprenez vos esprits, arrêtez de bouger et rétorquez sur un ton méprisant : "Mais non, idiot, j'ai seulement mal aux pieds. Tu ne sais pas ce que c'est que de passer toute une nuit sur des talons aiguilles. Toi, en revanche, vu la couleur de tes yeux et l'odeur de ton haleine, je ne voudrais pas habiter dans ton estomac à l'heure qu'il est." Et éloignez-vous dignement (si possible sans trébucher).

6. N'acceptez pas de tour à moto dans vos habits de soirée, même si vous avez apparemment une très bonne raison pour cela (vous avez dormi chez votre frère, votre sommeil fut réparateur, vous êtes donc fraîche et en pleine forme mais vous n'avez sur vous que votre petite robe de bal puisque votre valise est restée à l'hôtel). N'oubliez pas que la petite robe en question, il va falloir la remonter jusqu'en haut des cuisses pour s'asseoir sur l'engin, et que vos fines chaussures à brides et talons ne sont pas faites pour reposer sur les marches nickelées prévues pour le passager. Quoique... Une fille en robe noire et bijoux dorés qui se laisse emporter sur les routes par son frère motard un lendemain de bringue, ça peut avoir un certain charme rock'n'roll (ce que nous ne visons absolument pas de coutume, mais que nous ne dédaignons pas non plus totalement). Un bémol cependant : si vous n'avez pas de lunettes (et je ne parle même pas du casque), vos yeux vont pleurer. C'est physiologique et donc inévitable, mais pas très glamour.

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mardi 9 mai 2006

Bôcoup de classe

Sans me vanter, je suis une fille d'une grande élégance. Ma tenue est toujours soignée, mon maquillage léger mais impeccable et ma coiffure très étudiée (même si, comme c'est le cas en ce moment, mes racines tranchent furieusement sur le reste de la chevelure. Mais ça pourrait être pire : j'ai des pulsions blondisantes, c'est-à-dire qu'impulsivement, je rêve parfois de devenir blonde platine). Je parle posément, mon vocabulaire est plutôt soutenu et je sais me tenir ; bref, j'ai de l'allure.

Et ça va se loger loin, jusque dans les plus petits - et apparemment les plus prosaïques - détails de ma vie de femme. A table, par exemple, je suis un modèle de délicatesse ; je mange comme un chat, je bois sans même effleurer la surface de l'eau dans le verre, je tiens mes couverts comme si j'avais pris des leçons de maintien à la cour d'Angleterre. Du coup, déjeuner avec moi est en général très intimidant parce que les gens ont vite l'impression - souvent confirmée - de n'être que de gros porcs baveux.

Un exemple ? Un jour où je dégustais avec délices les merveilleux macaronis tomate-fromage que Fiancé avait eu la gentillesse de me préparer, je fus surprise par deux phénomènes périphériques séparément inoffensifs, mais redoutables une fois réunis ; d'une part la température très élevée desdits macaronis, d'autre part un fou-rire invincible qui montait des profondeurs de mon être à la suite d'une blague bien sentie de Fiancé qui, lui aussi, a vraiment beaucoup de classe (il adore dire le mot "bite" à table, notamment. Essayez donc la prochaine fois que vous dînerez en tête-à-tête, c'est absolument irrésistible).

Dans une situation de ce genre, une personne médiocre s'étoufferait, éructerait, apoplectiquerait mais ne laisserait pour rien au monde la moindre particule de macaroni s'échapper de sa bouche. Heureusement, je ne suis pas une personne médiocre ; je suis une personne raffinée, et au lieu de me ridiculiser en me transformant en outre violacée, j'ai tout simplement ouvert la bouche.

Un petit geste qui change tout. Car ce faisant, bien sûr, la nourriture déjà pâteuse qui y était placée et me brûlait le palais fut expulsée illico presto par un soubresaut dû au rire, une demi-douzaine de macaronis à moitié mâchés et encore couverts de sauce tomate atterrirent lamentablement sur la table, entre nos deux assiettes, et y restèrent.

C'était un spectacle d'un goût remarquable.

Je tiens à signaler qu'il faut beaucoup d'amour, de la part d'un homme, pour continuer à désirer une fille qui, si élégante qu'elle soit, a commis cela ; et beaucoup d'amour aussi, de la part d'une fille, pour oser reparaître un jour devant les yeux de celui auquel elle a infligé cette facette si inédite de son propre raffinement.

C'est dire si Fiancé m'est précieux. Et ce n'est pas la moindre de ses qualités.

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samedi 29 avril 2006

Je veux un bébé

Je le sais, pourtant, que ce n'est pas le moment. Je le sais bien. Je ne dirai pas ce que je fais dans la vie (ça ne présente pas un grand intérêt) (pour vous, je veux dire), mais ma situation est encore loin d'être complètement stable et du coup, ce n'est pas le moment. Je gagne un salaire satisfaisant, mais mon statut actuel est provisoire et j'ignore encore quels seront mes revenus dans deux ans, dans trois ans, dans quatre ans, et surtout de quoi seront faites mes journées d'ici là. Décidément, ce n'est pas le moment.

Là où Fiancé m'aide vraiment bien, c'est qu'il me répète de temps à autre : "Moi, tu le sais, dès que j'aurai un salaire, ce sera quand tu veux". Dès qu'il aura un salaire, c'est-à-dire - sauf imprévu majeur - à partir de septembre prochain. Me dire ça à moi, comme si j'étais une fille raisonnable capable de contrôler ses pulsions et de ne pas hululer à la vue d'une personne de moins de sept ans oooooooooooooh mais qu'il est mignooooooooooon je veux le mêêêêêêêêêêême !... Ca ne tient pas debout, convenons-en.

Alors, bien sûr, j'ai des phases. La naissance d'un bébé chez un ami - une petite fille qui de plus, porte mon prénom -, la lecture d'une BD adorable racontant les premières années de la vie d'un jeune couple et donc l'arrivée de leur premier enfant, ce genre de choses, forcément, ne me laissent pas indifférente. J'ai déjà demandé à un jeune papa où il avait acheté son fils pour que je sache où trouver le même le jour où je me déciderai. Ha ha ha. Non, je ne suis pas frustrée et je ne fais pas peur aux gens ; comment ça, de la bave qui me coule des lèvres, où ça, où ça ?...

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lundi 24 avril 2006

Nin nin nin nin nin nin nin

(Pour comprendre le titre, chantonnez dans votre tête les premiers mots de Holiday, de Madonna. Ca donne "nin nin nin nin nin nin nin". Si ça donne autre chose, je suis désolée, mais ça n'est plus de mon ressort.)

Donc je suis en vacances, et pour fêter ça, je compte prendre aujourd'hui un bain d'environ trois heures et demie (estimation basse). Il va y avoir masque capillaire, friction des cuisses, épilation minutieuse, et vernissage des ongles des pieds (en rouge vif). Hummmmm. Le règne du glamour est en marche.

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Photo : Scarlett Johansson

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vendredi 31 mars 2006

Message personnel à Thandie Newton

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Thandie, Thandie, Thandie. A ton âge, normalement, on commence à devenir un peu raisonnable. On commence à savoir ce qu'on veut faire de sa vie, on commence à savoir cerner ses compétences et à avoir un petit plan professionnel en tête... Trente-quatre ans cette année, me dit le Net qui sait tout. Trente-quatre ans, tout de même. Et toutes ses dents, on ose croire...

Bon. Tu es devenue actrice. Tu as joué dans un certain nombre de films et dans une série à succès, "Urgences". Outre que j'ai vu tous les épisodes d'"Urgences" dans lesquels tu apparais, et je dis bien tous, j'ai découvert récemment que tu tenais un rôle dans "Collision" de Paul Haggis, Oscar du meilleur film cette année. Beau film, au fait. Vraiment.

Mais force est d'admettre, Thandie, que manifestement tu n'es pas faite pour ce métier. Je suis désolée, ça arrive, il y a des gens qui trouvent leur voie très vite, très jeunes, et d'autres qui se cherchent plus longtemps. Toi, tu es de ceux-là. Il va falloir chercher encore un peu. Parce que ça ne peut pas continuer comme ça, soyons francs !...

Ce n'est pas une question de physique, hein, je veux être très claire là-dessus. Je ne peux pas dire que tu sois belle, mais tu as quelque chose ; du chien, du sel, du charisme. Tu es un peu maigre, c'est vrai. Tu supporterais facilement dix kilos de plus, ça te ferait vraiment un joli corps. Ton visage est singulier, un peu étrange, attirant. Non, ce n'est vraiment pas une question de physique.

C'est une question de talent, Thandie. Du talent dont tu es si malheureusement dépourvue. Je veux dire, il ne suffit pas de savoir cligner des yeux, froncer les sourcils, courir en secouant les bras et faire des mines atroces en pleurant pour être actrice, tu l'admettras. Tu ne joues pas, Thandie, tu minaudes, tu fais un signe de tête quand il faudrait s'en tenir aux yeux, tu bouges les épaules quand il faudrait s'en tenir à la tête, et tu te crois obligée de marquer chaque expression quand il faudrait rester sobre et donner à sentir plutôt qu'à voir...

Il ne faut pas que tu t'en veuilles, tu ne pouvais pas le savoir à l'avance. Maintenant, il serait bon d'y penser un peu sérieusement et de se remettre en cause.

Allez, Thandie. Il y a des tas d'autres choses excitantes à faire quand on est jeune et mignonne comme toi.

Posté par Menille à 15:41 - Girl, you'll be a woman... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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