Ah oui, et vous connaissez la suite ?... Nicolas Sarkozy se dit désolé que Lionel Jospin ne participe pas à la course à l'Elysée. Il considère que cet homme d'expérience, pour qui il dit avoir beaucoup d'estime même s'il ne partage pas etc etc, va réellement "manquer au débat".

Tu m'étonnes.

Il va surtout manquer à Nicolas, qui ne perd pas de vue une chose précise : Ségolène et lui sont à peu près au coude à coude dans les sondages et Nono était l'un des seuls - peut-être le seul - à pouvoir mettre de vrais bâtons dans les roues de madame Royal.

Qu'il se rassure cependant : ce serait mal connaître notre Nono que de croire qu'il va rester complètement absent du débat. Plus j'y pense et plus je me dis que Monsieur Sagesse du PS va donner son avis sans qu'on le lui demande (selon son habitude) et ainsi, on ne peut pas dire qu'on n'a pas été prévenus, il va effectivement soutenir quelqu'un d'autre que Ségolène jusqu'à l'investiture socialiste et, une fois investie, ne la soutenir elle - s'il la soutient - que du bout des lèvres, la mâchoire serrée (là encore, on connaît bien), non sans lâcher de temps à autre, éventuellement, une petite pique.

En soi, c'est son droit et ce n'est pas gravissime. On peut même dire que Ségolène Royal n'est pas forcément la meilleure candidate socialiste à l'élection présidentielle ; mais pour l'instant, c'est bien elle qui, à gauche, a le plus de chances de l'emporter. Et là, je vous le demande, qu'est-ce qui importe le plus : ignorer la réalité des électeurs et de la popularité de la candidate pour maintenir son favori - que ce soit Fabius, Strauss-Kahn ou un autre - en affirmant qu'il est meilleur qu'elle, et ainsi prendre le risque de perdre les élections au nom de la fidélité à ses idées et à ses soutiens, ou mettre pour un temps cette fidélité dans sa poche et se regrouper derrière Ségolène si c'est elle que désignent les militants - et sans Jospin, il y a toutes les chances qu'ils le fassent - de manière à partir un peu solidement au combat pour faire gagner la gauche et, accessoirement, perdre Sarkozy ?

Chacun peut répondre à la question en son âme et conscience. Pour moi, je choisis la seconde possibilité. De toute évidence, mon candidat préféré est Strauss-Kahn, mais je crains qu'il n'ait pas la même popularité que Ségolène et pas forcément, d'ailleurs, le charisme d'un chef d'Etat. D'un chef de gouvernement, si. Et qui sait, leur collaboration pourrait très bien se passer. En d'autres termes, je crois que pour avoir une chance de voir le PS en général et DSK en particulier au pouvoir, il faut que ce soit Royal qui passe.

Tout cela était une parenthèse, bien sûr. L'objet essentiel de cette note était de vous rapporter les bonnes paroles de Nico sur le retrait de Nono. Ce qu'ils sont mignons à cet âge. Bon, allez, c'est pas tout ça mais l'heure approche où il faut quitter le bac à sable, les enfants.