Après une journée harassante à parcourir la ville en tous sens pour visiter des appartements, après une semaine d'angoisse et de colère à rassembler pour l'agence des papiers incroyables sur nous-mêmes et nos garants - tout juste s'il ne fallait pas fournir les certificats de vaccination de toute la famille depuis 1970 -, lesquels ont aussi couru de leur côté pour nous envoyer ou faxer les documents demandés, après deux jours d'une attente difficilement supportable pour savoir si nous serions enfin acceptés comme locataires du logement de nos rêves, c'est officiel : la réponse est oui.

Joie et soulagement. Le parcours du combattant semble achevé. Sauf que...

Sauf que l'agence constate que l'un des papiers fournis par Fiancé - en l'occurrence l'avis d'imposition de ses parents - ne correspond pas exactement à ce qu'elle attendait. "Peut-être la photocopie a-t-elle été mal faite, suggère la jeune femme que j'ai au téléphone ; il suffirait de nous apporter l'original pour nous le montrer, et ce serait réglé.
- Mais je ne comprends pas, réponds-je : c'est oui ou pas ?...
- C'est oui, c'est oui. C'est oui... sous réserve que vous nous montriez ce document."

Bien.

Fiancé, averti, se tracasse et commence à échafauder des plans pour récupérer l'orginal chez sa mère. Je le rassure : ce n'est rien, elle m'a bien dit qu'il suffisait de le leur montrer, bon, certes, c'est pénible, mais ce n'est pas grand-chose, etc, etc.

Aujourd'hui, après avoir appelé son père pour savoir ce qui s'était passé, Fiancé m'apprend la vérité : le document photocopié pour l'agence n'est pas l'avis d'imposition mais un papier qui est censé en tenir lieu, et pour cause : personne ne sait où est le dernier avis d'imposition de ses parents.

Je récapitule : notre emménagement dans un appartement que nous avons vraiment obtenu en bataillant dépend désormais de la présence d'un papier qui a purement et simplement disparu.

La vie est bêêêêêêêêê-leu.

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Photo : Pierre Magne