samedi 29 avril 2006
Je veux un bébé
Je le sais, pourtant, que ce n'est pas le moment. Je le sais bien. Je ne dirai pas ce que je fais dans la vie (ça ne présente pas un grand intérêt) (pour vous, je veux dire), mais ma situation est encore loin d'être complètement stable et du coup, ce n'est pas le moment. Je gagne un salaire satisfaisant, mais mon statut actuel est provisoire et j'ignore encore quels seront mes revenus dans deux ans, dans trois ans, dans quatre ans, et surtout de quoi seront faites mes journées d'ici là. Décidément, ce n'est pas le moment.
Là où Fiancé m'aide vraiment bien, c'est qu'il me répète de temps à autre : "Moi, tu le sais, dès que j'aurai un salaire, ce sera quand tu veux". Dès qu'il aura un salaire, c'est-à-dire - sauf imprévu majeur - à partir de septembre prochain. Me dire ça à moi, comme si j'étais une fille raisonnable capable de contrôler ses pulsions et de ne pas hululer à la vue d'une personne de moins de sept ans oooooooooooooh mais qu'il est mignooooooooooon je veux le mêêêêêêêêêêême !... Ca ne tient pas debout, convenons-en.
Alors, bien sûr, j'ai des phases. La naissance d'un bébé chez un ami - une petite fille qui de plus, porte mon prénom -, la lecture d'une BD adorable racontant les premières années de la vie d'un jeune couple et donc l'arrivée de leur premier enfant, ce genre de choses, forcément, ne me laissent pas indifférente. J'ai déjà demandé à un jeune papa où il avait acheté son fils pour que je sache où trouver le même le jour où je me déciderai. Ha ha ha. Non, je ne suis pas frustrée et je ne fais pas peur aux gens ; comment ça, de la bave qui me coule des lèvres, où ça, où ça ?...
jeudi 27 avril 2006
Wake up
Je viens de me lever. Enfin, il y a environ une heure, disons. Forcément, je ne vais pas avoir le temps de passer ma journée (ou du moins ce qu'il en reste) sur le Net, là. Allons plutôt admirer le bonheur humain.
Photos : Jacob Holdt
mercredi 26 avril 2006
Masochisme
Je devrais vraiment arrêter de fréquenter ce forum (je ne vais pas donner l'adresse, ça ne sert à rien). Je crois que continuer à y aller relève du masochisme le plus caractéristique. Je me heurte à des personnes - des pseudos, pardon, après tout je ne connais pas les gens qui se cachent derrière... - dont la bêtise et l'inculture n'ont d'égale que la méchanceté. Tout le monde a le droit de ne pas savoir, de ne pas avoir l'information, de ne pas connaître le contexte, etc ; mais proférer des paroles de haine au kilomètre comme c'est le cas là-bas, ça, ça me dépasse.
Je croyais naïvement que le racisme et l'antisémitisme n'étaient le propre que d'une petite partie de la population française, de quelques égarés qui manifestement avaient raté le train du XXe siècle et se retrouvaient en rade au bord de la route.
Eh bien non. Si vous l'ignoriez, sachez-le ; en 2006, il y a des personnes qui croient dur comme fer que les Juifs ont pour unique objectif de gouverner de monde et que l'Etat d'Israël n'a pas lieu d'être, qui comparent sans rire ses gouvernants aux nazis (avec une légère préférence pour les nazis puisque leur génocide à eux "n'a duré que quatre ans" : je l'ai lu tel quel) et qui pensent que c'est le Mossad qui a inoculé la grippe aviaire aux poules palestiniennes. Il y a aussi des personnes qui se demandent pourquoi le procès des meurtriers de Sohane a fait tant de bruit puisque finalement, ce n'était qu'une Maghrébine, et qui déclarent que les familles démunies, souvent africaines, logées dans des immeubles si délabrés qu'ils ont fini par brûler, auraient dû s'estimer heureuses de ne pas être à la rue et avoir conscience que quand on ne peut payer un vrai appartement, on prend ce qu'il y a : "ils n'ont qu'à bosser et gagner des pépètes". Cela aussi, je l'ai lu.
Et j'y retourne encore et toujours. Je crois que ce qui m'y pousse, c'est une sorte d'espoir ; l'idée qu'il suffirait que deux ou trois personnes, en tombant sur mes messages d'indignation à la lecture de ce genre d'horreurs, se disent oui, celle-là a raison et se rallient à mon opinion - que je ne crois guère originale, mais au moins mesurée et relativement humaniste, en tout cas je m'y efforce - pour que ma présence là-bas soit justifiée.
mardi 25 avril 2006
Perle de rêve
Entendu dans la bouche de M. Pokora, ce matin vers 11h50, sur France Inter, dans l'émission de Stéphane Bern :
"J'ai de la chance, je fais le métier dont je rêvais de faire depuis tout gamin."
Il suffisait d'y penser.
lundi 24 avril 2006
Nin nin nin nin nin nin nin
(Pour comprendre le titre, chantonnez dans votre tête les premiers mots de Holiday, de Madonna. Ca donne "nin nin nin nin nin nin nin". Si ça donne autre chose, je suis désolée, mais ça n'est plus de mon ressort.)
Donc je suis en vacances, et pour fêter ça, je compte prendre aujourd'hui un bain d'environ trois heures et demie (estimation basse). Il va y avoir masque capillaire, friction des cuisses, épilation minutieuse, et vernissage des ongles des pieds (en rouge vif). Hummmmm. Le règne du glamour est en marche.
Photo : Scarlett Johansson
mercredi 19 avril 2006
Les pêcheurs à mains nues
La date, je l'ai perdue, je ne m'en souviens pas. Je sais que c'était en juillet, plutôt au début du mois je pense, mais je n'en suis pas sûre. Un dimanche. Je suis assise au bord de l'eau, sur des rochers brûlants, et Fiancé est près de moi, à quelques mètres sur ma gauche. Nous venons de manger. Je porte un short bleu, un débardeur rose, une casquette qui me donne une allure d'étudiante américaine, des lunettes de soleil, mes créoles en or et mes bracelets en plastique, j'ai les pieds dans la rivière et je fume une cigarette. Je mets le mégot dans un bout de papier, je prends un chewing-gum et j'ouvre mon bouquin. Marc Levy, Où es-tu ?. Je n'avais jamais lu de Marc Levy auparavant, je n'en lirai plus jamais. Je suis dépitée, parfois même accablée, mais comme je n'aime pas commencer un livre et l'abandonner à mi-parcours, je tiens bon (avantage supplémentaire : cette lecture ne nécessite pas un effort intellectuel considérable).
Je sais qu'il fait très chaud, je sais que Fiancé s'est mis à l'ombre et je crois qu'il dort. Un peu. On n'entend presque rien. La route par laquelle on est venus et qui mène à la gare est assez loin, ou alors elle est masquée par des arbres, et quoi qu'il en soit, nous sommes en contrebas et nous avons remonté assez longtemps la rivière avant de nous installer. L'eau est très froide et transparente.
Comme ma position n'est pas très confortable, je m'interromps souvent dans ma lecture ; je me redresse, je m'étire et je replonge. J'ai facilement mal aux épaules, juste au-dessus de l'omoplate, là où se noue un point douloureux quand tu as trop travaillé à l'ordinateur. De temps en temps je regarde un peu autour de moi mais le paysage est le même partout : des arbres, des rochers et l'eau froide au milieu qui coule avec un son très doux, presque imperceptible.
Je les entends avant de les voir. Un bruit d'eau violent, des voix, je ne sais pas combien ils sont ni quel âge ils ont. Dès qu'ils apparaissent, un peu en amont, j'appelle Fiancé dans un murmure ; confusément, j'ai peur, cette vision me semble presque fantastique dans le calme absolu qu'elle vient de rompre. Je les distingue assez vite : quatre silhouettes, peut-être cinq ; torses nus, dans la rivière jusqu'au-dessus du genou, entièrement dorés déjà, les dents blanches, les cheveux en désordre, et ces voix claires qui ne disent rien mais semblent juste clamer leur joie d'être là. Parfois l'un d'entre eux se penche, plonge les mains dans l'eau, en sort quelque chose et la clameur enfle de plus belle.
Comme ils approchent, je vois bien qu'ils sont très jeunes, dix ou douze ans peut-être. L'un d'eux porte à la main un t-shirt noir transformé en sac. Fiancé se lève et s'approche du bord de la rivière. Ils lui parlent spontanément, sans hésiter, et il répond sur le même ton. Je trouve soudain qu'une étonnante ressemblance les unit, comme si ce garçon de vingt-six ans dont je suis amoureuse depuis des semaines était aussitôt devenu l'un d'eux, jusqu'à ses cheveux en désordre et son pantalon retroussé.
"Regardez ce qu'on a trouvé, m'sieur, lui dit le plus proche en tendant un poisson argenté qui frétille encore entre ses mains serrées.
- J'en ai plein ! crie le porteur du sac en le montrant à Fiancé.
- Vous les pêchez comme ça, à la main ?
- Ben oui, c'est facile ! Y en a tellement, on se baisse et hop !"
- Montre-moi ton t-shirt.
- Regardez, j'en ai au moins dix. Enormes en plus, vous avez vu !
- On continue à remonter, on va en pêcher encore au moins autant !"
Et ils poursuivent leur chemin. Fiancé revient vers moi. "Ils ont attrapé des poissons magnifiques. En plus, dis donc, ils ne craignent pas le froid, à marcher comme ça dans une rivière glacée."
Je les vois de dos comme je les voyais de face tout à l'heure, des silhouettes noires et dorées dans le soleil, qui crient leur bonheur à chaque prise. Je regarde Fiancé sans savoir que mon étonnement est visible ; il me demande alors : "Tu as eu peur, n'est-ce pas ?
- Oui, un peu. Je ne savais pas qui c'était, je ne voyais même pas que c'étaient des gamins."
Il se contente de sourire. Je sais qu'il a vu, lui, au premier coup d'oeil, que c'étaient des gamins, parce qu'il y a quinze ans il courait comme eux, à moitié nu, ivre de lumière, après les poissons des froides rivières de colline.
lundi 17 avril 2006
Ronronronron
Temps magnifique, mais pour une casanière comme moi, la tentation de profiter d'une journée entière sans obligation de sortir est beaucoup trop forte...
Ce n'est pas que ce beau soleil ne me fasse pas envie. C'est juste que paresser sans m'habiller me fait davantage envie encore.
Photo : Heart-Breakers
dimanche 16 avril 2006
Mots-clés
Photo : PostSecret
(Mais si, vous savez bien, ce sont ces termes qui ont amené de parfaits inconnus sur votre blog parce qu'ils les avaient tapé sur Google ou Yahoo. Allez un peu lire Elixie, elle en parle régulièrement. De là à dire que je la plagie...)
"immeuble"
Ma foi, pourquoi pas. Je n'arrive pas à percer les motivations profondes de la personne qui a fait une recherche à partir de ce terme, mais apparemment, ça existe.
"PASCAL OBISPO"
Oui, il fallait s'y attendre... maintenant que je mets des noms de people ringards sur mon blog, je risque de récupérer certains psychopathes.
"episode du 08.06.04 de plus belle la vie"
J'ai deux remarques à faire sur celui-ci : 1. je ne vois pas du tout ce qui, sur mon blog, peut répondre de près ou de loin à cette requête, 2. c'est beaucoup trop long, comme mot-clé. Jamais la personne qui l'a tapé ne trouvera ce qu'elle désire, je le crains.
(Après vérification, parce que ça me titillait vraiment trop, j'ai compris : j'ai écrit, dans une note, les mots "plus" et "vie" dans la même phrase.
Quand même, il ne leur en faut pas beaucoup, chez Google.)
"Avénale"
Ca alors, c'est vraiment incroyable. Bien orthographié, en plus, avé l'assent et la majuscule. J'ignore si ce terme existait avant que j'en fasse mon nom de famille ou si je suis célèbre quelque part, loin d'ici, sur une autre planète peut-être, qui sait.
"menille"
Là, l'orthographe laisse davantage à désirer ; mais l'intention me touche tout autant, ne vous y trompez pas.
jeudi 13 avril 2006
QG
Je n'avais pas de café attitré. Pas de quartier général, pas de coin de prédilection ni d'endroit où les gens seraient sûrs de me trouver en-dehors de mes heures de travail. Et sans que je sache exactement pourquoi, cela me manquait beaucoup.
Non que je sois une habituée des cafés en général ; entrer quelque part et commander quelque chose, que ce soit seule ou accompagnée, n'est pas une démarche habituelle pour moi. Je n'ai jamais passé beaucoup d'heures dans un café. Et ce n'est pas un endroit où je songerais spontanément à me réfugier en cas de grosse pluie, de coup de blues ou de moment à combler.
En tout cas, pas jusqu'à il y a peu.
Depuis quelque temps, j'y pensais de plus en plus mais de façon tout de même très abstraite, très rêveuse. Il se trouve que j'ai mis un certain temps à comprendre que l'on puisse passer du bon temps dans un café ; un lieu généralement décoré n'importe comment - ou plutôt, soyons précis, pas décoré du tout -, complètement enfumé, où l'on peut boire certains trucs amusants mais rarement ce dont on aurait vraiment envie et où, comble du ridicule, on ne peut pas grignoter de petites choses bien caloriques à n'importe quelle heure.
Finalement, à part fumer une cigarette et éventuellement, si on est seul, lire un peu - autant de choses que l'on peut faire en beaucoup d'autres endroits -, je voyais mal l'intérêt d'y entrer. Même le principe de la terrasse me paraissait douteux ; boire une limonade trop gazeuse au bord d'une rue en manquant à chaque instant d'être heurté par un passant, j'avoue que j'imagine sans problème des situations plus confortables.
Et puis j'ai découvert des cafés qui faisaient aussi un peu salon de thé - en beaucoup moins guindé, gros avantage - et d'autres qui faisaient restaurant. Ou au moins bistrot, avec quelques sandwiches, quelques salades, quelques croque-monsieur, un plat du jour et une petite carte de desserts. Deux usages majeurs : dans les seconds, on peut aller déjeuner ; dans les premiers et parfois même dans les seconds, on peut s'envoyer une gaufre Nutella-chantilly ou une part de tarte aux pralines dès que l'envie nous en prend. Tout de suite, c'est bien plus attirant.
Il se trouve qu'il y a quelques semaines, peut-être quelques mois, j'ai rêvé qu'un lundi après-midi, je n'avais rien d'autre à faire de deux à six heures que d'aller me poser dans un café avec quarante euros en poche - soit dix euros par heure, ce qui est plutôt intéressant - et de lire sans m'arrêter. Découvrant cela au début de l'après-midi, je prévoyais de faire halte dans deux endroits différents ; je les connaissais tous les deux et étant donné que je les visualisais mentalement avec une facilité déconcertante, je pense que j'y avais mes habitudes. Il ne s'est rien passé de plus et le rêve s'est arrêté bien avant que l'après-midi proprement dit ne commence, mais il m'a remplie d'une telle joie et d'un tel enthousiasme qu'au réveil, c'était presque devenu une obsession.
Je n'y ai pas pensé tous les jours depuis, mais l'idée restait vaguement présente. Elle est revenue en force le jour où je suis entrée à midi, un peu par hasard, parce qu'il était tout proche de mon lieu de travail et que je ne l'avais pas encore testé, dans un café absolument idéal. Petit, clair, convivial, rempli d'étudiants, avec une carte tout à fait honnête et des serveuses souriantes. Le genre d'endroit où même la terrasse paraît agréable. Depuis, je ne vais plus déjeuner ailleurs. Je n'y ai pas encore mis les pieds à un autre moment - il se trouve que je ne traîne pas trop dans le coin à mes moments de loisir, c'est un quartier avant tout associé à la semaine et au boulot, mais je sais que je le ferais avec plaisir. D'autant plus que quand le patron commence à te reconnaître, à t'accueillir en souriant et à te tutoyer en prenant la commande, c'est signe de progressive assimilation.
Du coup, je cherche de semblables petites perles dans tous les endroits où je suis souvent, à commencer par le quartier où j'habite. Et, ô miracle, je crois que j'en ai déjà trouvé une ; l'aspect extérieur est parfait, mais le temps m'a manqué jusqu'à maintenant pour y mettre les pieds.
Comme quoi, il suffisait peut-être d'ouvrir les yeux.
dimanche 9 avril 2006
D'ici ou d'ailleurs
Entendu sur Europe 1, le lundi après-midi 3 avril 2006, dans la bouche de Pascal Obispo invité par Frédéric Taddéi :
"... la musique anglo-saxonne qui venait d'Angleterre, des Etats-Unis, d'Allemagne et d'ailleurs..."
Quel commentaire voulez-vous que je fasse après ça ?






