vendredi 31 mars 2006
Message personnel à Thandie Newton
Thandie, Thandie, Thandie. A ton âge, normalement, on commence à devenir un peu raisonnable. On commence à savoir ce qu'on veut faire de sa vie, on commence à savoir cerner ses compétences et à avoir un petit plan professionnel en tête... Trente-quatre ans cette année, me dit le Net qui sait tout. Trente-quatre ans, tout de même. Et toutes ses dents, on ose croire...
Bon. Tu es devenue actrice. Tu as joué dans un certain nombre de films et dans une série à succès, "Urgences". Outre que j'ai vu tous les épisodes d'"Urgences" dans lesquels tu apparais, et je dis bien tous, j'ai découvert récemment que tu tenais un rôle dans "Collision" de Paul Haggis, Oscar du meilleur film cette année. Beau film, au fait. Vraiment.
Mais force est d'admettre, Thandie, que manifestement tu n'es pas faite pour ce métier. Je suis désolée, ça arrive, il y a des gens qui trouvent leur voie très vite, très jeunes, et d'autres qui se cherchent plus longtemps. Toi, tu es de ceux-là. Il va falloir chercher encore un peu. Parce que ça ne peut pas continuer comme ça, soyons francs !...
Ce n'est pas une question de physique, hein, je veux être très claire là-dessus. Je ne peux pas dire que tu sois belle, mais tu as quelque chose ; du chien, du sel, du charisme. Tu es un peu maigre, c'est vrai. Tu supporterais facilement dix kilos de plus, ça te ferait vraiment un joli corps. Ton visage est singulier, un peu étrange, attirant. Non, ce n'est vraiment pas une question de physique.
C'est une question de talent, Thandie. Du talent dont tu es si malheureusement dépourvue. Je veux dire, il ne suffit pas de savoir cligner des yeux, froncer les sourcils, courir en secouant les bras et faire des mines atroces en pleurant pour être actrice, tu l'admettras. Tu ne joues pas, Thandie, tu minaudes, tu fais un signe de tête quand il faudrait s'en tenir aux yeux, tu bouges les épaules quand il faudrait s'en tenir à la tête, et tu te crois obligée de marquer chaque expression quand il faudrait rester sobre et donner à sentir plutôt qu'à voir...
Il ne faut pas que tu t'en veuilles, tu ne pouvais pas le savoir à l'avance. Maintenant, il serait bon d'y penser un peu sérieusement et de se remettre en cause.
Allez, Thandie. Il y a des tas d'autres choses excitantes à faire quand on est jeune et mignonne comme toi.
jeudi 30 mars 2006
Le verre sans fin
Mon homme : "Mais chérie, chériiiiiiiie, tu ne bois pas asseeeeeeez, dans vingt ans tu t'en mordras les doiiiiigts !..."
Mon médecin traitant : "Vous devez multiplier votre consommation quotidienne de boisson par deux ou trois. Minimum. Je dis bien : minimum."
Ma mère : "Non mais c'est vrai que tu ne bois pas assez, je ne te vois jamais boire, je me souviens, pendant un temps tu avais cette bouteille d'eau sur ton bureau, tu buvais pas mal pourtant mais maintenant, et en plus j'ai remarqué, même le matin tu ne" je vous fais grâce du reste, je ne me souviens même pas de tout.
Est-ce ma faute si l'eau, je trouve ça fade ?... Comment peut-on prendre le moindre plaisir à avaler deux litres par jour de ce liquide incolore, inodore et insipide ? Au bout d'un seul litre, je me sens remplie comme une outre, tendance nauséeuse.
Vous ne voulez tout de même pas que je me mette un Bloody Mary en perfusion, non ?
mercredi 29 mars 2006
Elections en Israël
Ceci n'est pas mon premier blog. Ni le deuxième, ni le troisième. J'en compte une petite dizaine sur différents serveurs ; j'en ai des sérieux, des foutraques, certains bien suivis, d'autres vite abandonnés, certains eurent leur petit succès et d'autres passèrent très inaperçus. Rien ne me permet pour l'instant de dire dans quelle catégorie celui-ci se rangera.
Mais si je l'entame aujourd'hui, alors que je n'avais pas posté un seul billet sur un seul de mes blogs depuis de longs mois, c'est parce qu'hier, en Israël, des élections législatives qui enregistrèrent une faible participation ont amené au pouvoir le parti Kadima, oeuvre d'Ariel Sharon, actuellement dirigé par le premier ministre par intérim Ehoud Olmert.
Ehoud Olmert a été clair. Son plan prévoit de renoncer aux colonies de Cisjordanie et de se replier dans des frontières plus étroites que celles du Grand Israël, du rêve sioniste sur lequel il fait une croix. Il prévoit aussi que ces frontières seront fixées unilatéralement si les négociations avec l'autorité palestinienne se révèlent impossibles ; en l'occurrence, tant que le Hamas ne reconnaîtra pas explicitement l'Etat d'Israël en renonçant à la lutte terroriste, les négociations semblent impossibles.
Les colons s'inquiètent en pensant que dans quelques mois, quelques années, à l'image de leurs compatriotes de Gaza l'été dernier, ils vont devoir mettre dans des voitures tout ce qu'ils possèdent, abandonner leurs maisons et quitter leurs villes. Je comprends leur douleur, mais il n'y a pas d'autre solution, et Israël n'a pas d'avenir valable s'il continue à donner l'image d'un occupant, d'un colonisateur.
Les électeurs de droite et d'extrême-droite vont estimer qu'Olmert est un lâche et un traître. Yitzhak Rabin a été assassiné - et Sharon menacé de mort - pour moins que cela.
Les électeurs de gauche sont probablement assez satisfaits. Le parti travailliste d'Amir Peretz a remporté un score honorable et il est probable qu'Olmert fasse appel à lui pour une coalition gouvernementale.
Mais si le premier ministre par intérim met ses projets en application, s'il fixe unilatéralement des frontières définitives, même si c'est à la suite d'une concertation internationale, il suffira que les Palestiniens, avec lesquels Israël refusera probablement de négocier tant que le Hamas sera au pouvoir et ne changera pas sa ligne de conduite, soient exclus de cette concertation pour qu'Israël perde à nouveau la bataille. La bataille des images, des médias et de l'opinion publique internationale. Celle qui se joue depuis 1967 et que Yasser Arafat a complètement remportée.
Comme le retrait de Gaza, l'établissement des frontières, s'il est unilatéral, sera nécessairement critiqué et reproché à Israël. Le retrait des colonies était réclamé depuis des années ; Sharon, dans un ultime retournement, lui qui avait tant fait pour garder les colonies, s'est retiré de Gaza et on lui a jeté à la tête que l'action unilatérale n'était pas valable. Unilatéral ou pas, c'était pourtant un retrait. Qu'en sera-t-il de l'ensemble des frontières du pays ? Le monde reprochera-t-il à Israël d'agir unilatéralement sans se soucier des désirs palestiniens ? Et les Palestiniens, se soucient-ils des désirs israéliens ? Qu'ont-ils fait pour favoriser l'ouverture de négociations ? L'élection du Hamas ne va manifestement pas dans cette voie. Loin s'en faut.
Je suis soulagée, et je suis inquiète. Je suis soulagée de l'affaiblissement du Likoud et de l'arrivée au pouvoir de Kadima ; je suis inquiète parce que la guerre des médias est sérieuse et terrible, et que j'ignore comment Israël se débarrassera de l'image affreusement sombre qui lui colle à la peau.

